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Baume de pétales de coquelicots


Cette année j'ai décidé de me lancer dans la fabrication de macérats huileux de plantes médicinales. C'est le tour du coquelicot, une fleur sauvage qui m'enchante pour ses nuances vibrantes de rouge et ses propriétés uniques.

En massage, le macérat huileux de coquelicot amène le calme au système nerveux et permet un meilleur endormissement sur les tout-petits. Sur la poitrine, il apaise et fait office de chasse-toux, d'où l'idée de la fabrication d'un baume à appliquer sur la poitrine. Pourquoi un baume ? Explication...


Et si nous faisions tout d'abord, ensemble le point sur les différences entre macérât huileux, onguent et baume.



Macérat et baume

Macérât, onguent ou baume ?


Un macérât huileux, aussi appelé extrait oléique, est une huile thérapeutique résultant de la macération d’une plante médicinale dans une huile végétale dite porteuse. Le processus de macération permet à cette huile de recueillir et de conserver les principes actifs des plantes.


Les onguents sont généralement utilisés pour appliquer les effets thérapeutiques d'une ou plusieurs plantes médicinales sur la peau.

L'onguent est de nature grasse, car il est fabriqué uniquement avec un macérât huileux et de la cire d'abeille, qui est très grasse elle aussi. L'onguent a donc tendance à recouvrir la peau pour la protéger et délivrer les propriétés médicinales d'une plante en surface.


Un baume est un onguent qui contient des composants aromatiques et volatiles tel que les huiles essentielles. Un baume dégage d'intenses vapeurs aromatiques, alors que l'onguent a en général un parfum plus subtile et moins marqué. Avec le baume il est possible d'allier les propriétés de l'huile végétale utilisée pour le macérat, celles de la plante médicinale utilisée pour la fabrication de ce macérat et celles des huiles essentielles que l'on y ajoute.


Un peu d'histoire...

Le coquelicot ou papaver rhoeas (appelé également pavot des champs, pavot sauvage ou pavot rouge) appartient à la famille des Papavéracées ou « pavots ». Il serait arrivé depuis le Moyen-Orient jusqu’en Europe par le commerce des céréales. Son nom viendrait de “Coquericot” comme il était nommé jusqu’au XVIe siècle pour sa couleur et sa ressemblance avec la crête du coq. Il illuminait les champs d’où il a été chassé puisqu’il gênait la culture du blé. Vous le trouverez maintenant dans les prairies ou sur le bord des chemins.


Récolte et contre-indications


Récoltez de préférence les pétales de coquelicot dans un endroit vierge de toute pollution. Vous pourrez ensuite les faire sécher dans un endroit sec et aéré loin des sources lumineuses. Pour ma recette de baume antitussif, j'ai fait le choix d'utiliser les pétales fraîches car je ne suis pas d'une nature très patiente ! Si vous optez pour la version pétales fraîches, il est important de les cueillir lorsque la rosée du matin s’est dissipée ou, mieux, durant la journée en plein soleil. Le but de ce choix est de faire en sorte que la plante perde le maximum de sa contenance en eau avant de plonger dans l'huile végétale.

Contre-indications

  • Les enfants de moins de 3 ans

  • Les personnes intolérantes à la papavérine

  • Certaines personnes ne supportent pas le coquelicot, restez donc vigilant quant à son utilisation


Recette du baume calmant et antitussif

"Coquelicot, Hysope et Pin"

Macération de pétales de coquelicots

Pour réaliser le macérat huileux de pétales de coquelicots :


- 100ml d'huile végétale de votre choix


Les huiles végétales d'olive, de tournesol, d'amande douce, d'argan ou de noisette sont peu oxydable et relativement stables à température ambiante sans être susceptibles de se solidifier. J'ai choisi pour ma recette l'huile d'amande douce bio qui convient parfaitement à toute la famille, petits et grands car elle possède des propriétés apaisantes et adoucissantes sur les peaux délicates.


- Une bonne poignée de pétales de coquelicots


  1. Remplir un bocal en verre de plantes selon la quantité désirée et bien identifier le pot (huile + plante + date de fabrication)

  2. Verser l’huile sur les plantes pour qu’elle les recouvre d’environ 2,5 cm

  3. Refermer le pot.

  4. Laisser macérer de 4 à 6 semaines au soleil pour charger votre macérat des bienfaits des rayons du soleil, et pourquoi pas ceux de la lune selon votre exposition. Je ne ferme pas les pots mais protège mon macérat à l'aide d'une toile fine que j’appose sur le pot. Cela permet à l'eau encore présente dans les plantes de s'évaporer tranquillement.

  5. Une fois de temps en temps, remuer votre macérât. Si vous constatez que l'huile ne recouvre plus les plantes, n'hésitez pas à en rajouter.

  6. Filtrer à l'aide d'un linge propre ou d'un filtre à thé ou à café en pressant bien les plantes pour récupérer le plus d'huile possible.

  7. Verser dans un contenant propre et bien identifié (huile + plante + date de fabrication).

  8. Et voilà le tour est joué !


Fleurs d'hysope couchée

Pour réaliser le baume de pétales de coquelicots, pin et hysope :


Il vous faut ...

  • 100ml de macérât de pétales de coquelicots

  • 12gr de cire d'abeille

  • de la vitamine E

  • huiles essentielles de Pin Patagonie (pour ses propriétés oxygénatrices très douces et relaxantes bronchiques) et de Hysope couchée ( pour ses propriétés anti-asthmatiques et expectorantes douces)

Et maintenant ...

  • Placez le macérat dans un récipient et faites chauffer au bain-marie. Tout doux car l'huile monte vite en température. J'utilise un thermomètre de cuisine pour vérifier tout le long du processus.

  • Ajoutez 12 g de cire d’abeille pour 100 ml de macérât.

  • Remuez jusqu’à la dissolution complète de la cire. La température de fusion de la cire d’abeille se situe entre 62 et 65°C. Surtout ne chauffez pas plus que nécessaire pour ne pas dénaturer le produit.

  • Ajoutez 3-4 gouttes de chacune des huiles essentielles de pin et d'hysope ainsi que 8 gouttes de vitamine E pour la conservation.

  • Remuez le tout (pas trop longtemps car le baume durcit assez vite)

  • Versez dans des petits pots en verre stérilisés.

  • Ne fermez pas les pots de suite, attendez de préférence que le baume ait refroidi.

  • N’oubliez pas de réaliser un étiquetage clair et pourquoi pas créatif!


Les onguents se conservent assez longtemps, jusqu'à 2 à 3 ans dans un endroit frais, sec et à l'abri de la lumière.


Voilà, j'espère que ce post vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous via vos réseaux sociaux ou via mail.

Merci ...


Crédit photos ©Manfred Nimbs ©FelixMittermeier ©Lena Khrupina ©Adonyi Gábor ©silviarita ©Susann Mielke ©Lucian Aeris

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